La Villa Inrocks à Cannes, le compte-rendu

Publié le par Planck

Le 64 ème festival de Cannes était le festival de Terrence Malick, le festival de Lars Von Trier aussi, la boutade du danois a eu l'effet d'une bombe dans le microcosme cannois et monopolisa les conversations tout comme l'affaire DSK. Enfin la croisette n'a pas bougée, les voitures allemandes et italiennes étaient toutes présentes, un festival comme les autres? La réponse est non. Les Inrocks, hebdomadaire culturel français, se sont installés dans la ville du cinéma pour la première et probablement pas la dernière fois.

 

 

 

On apprend au début du fif que le Marriott accueillera les belles soirées cannoises, qui étaient l'année dernière au Jimmiz. Bien trop exclusives il faut avouer que Planck n'a pas essayé de s'y insérer, on conviendra que le journal ne traite pas de sujet "people". Par contre l'info qui tombait le 26 avril, nous a immédiatement interpelé: Les Inrocks, pour la 64 ème édition, s'installent dans le jardin, quelque peu exotique, de la bibliotèque Cannoise. Il s'agit tout simplement d'une vielle batisse ayant apartenu à la famille Rothschild.
Au sein même de la politique cannoise, le débat (sur le fait qu'ils aient cette villa en particulier) avait sucité les émois et viré à la polémique (voir article à cet adresse).


 

 

L'évènement des Inrocks s'est imposé comme Le before cannois. Et quel before !

Les alcooliques, les vrais, pointaient leur palet dès 18h, et savouraient les dernières heures dorées, cocktail en main. Plusieurs open bars se sont implantés dans ce coin de paradis, dont le stand Belvédère et de l'autre côté le stand Carlsberbg, deux grandes maisons, deux univers éloignés pour un mélange dantesque entre mousse blonde et vodka glacée. Des poufs avaient été disposés spécialement pour l'occasion... "chiller" avait trouvé son ambiance. C'est donc les pieds dans l'herbe que les festivaliers se prélassaient, se rencontraient, le tout sur les mixtapes très disco-deep-house des djs des Inrocks. 

Pedro Winter, les airnadettes ou une partie de l'équipe de canal + participaient aussi au décor, à cet univers hippie où le mot d'ordre était de décompresser. Et cette devise s'est faite comprendre puisque 2h après ouverture des portes le monde inrockuptible nageait dans ce que l'on peut appeler des vagues éthiliques amoureuses.

"Woodstock à Cannes, c'est vraiment woodstock et c'est toujours Cannes" (voir photos )

 

Parlons sérieusement, parlons musique, parlons programmation.

 

C'est en colons que les Inrocks débarquèrent à Cannes, en scandant que "sans musique, il n'y a pas de cinéma" et cette année était un bon cru tant pour les films sélectionnés que pour les groupes annoncés à la programmation.

Le soir d'ouverture (jeudi soir) nous a boulversé émotionnellement et c'est l'artiste, que l'on ne présente plus, Julien Doré qui fut notre hôte, qui fut le premier méandre euphorique de la quinzaine.

Le lendemain, c'est au tour des LCD soundsystem de jouer, pour leur dernier concert officiel. Prestige et nostagie étaient au rendez-vous contrairement à James Murphy... resultat non équivoque, les LCD soundsystem vont nous manquer!

Samedi soir 2 many DJ's ont retourné la villa qui restait un chouilla bon enfant jusqu'à présent. Les grandes oeuvres de la littérature française et leurs auteurs ont probablement dansé dans l'enceinte de la bibliotèque sur l'électro rock du binôme belge. Grande et puissante, cette soirée a annoncé la saveur de ce festival musical.

Vient le jour du seigneur, forcément plus calme qu'un samedi soir. Pourtant ce dimanche soir ne s'exprima point sous l'astre de la chasteté mais bien sous celui du rock. Reims a prouvé qu'elle était une ville et une mine de musiciens savants comme The bewitched Hands (on the top of your heads). Si ils étaient un nom commun ce serait la maturité, on les a senti sûr d'eux et minutieux. Leur live dansant a convaincu, plus évident que leur premier album The first of the non electric sid.

Lundi soir, le collectif Planck n'a pas montré patte blanche à la villa, pour notre plus grand regret; c'était Saul Williams...

 


 

 

La lune était chaude mardi soir, le climat humide, Brigitte investissait la scène. Leur show sensuel electrisa aussi bien le public masculin que le public féminin; la brune et la blonde flottaient telles des fantasmes droitement sortis du petit et grand écran. Les deux gonzesses si différentes forment un couple irrésistible et se placent comme de vraies bêtes de scène. A savoir !

En première partie, le trio lillois We Are Enfant Terrible poussa son coup de gueule... on retient l'extraodinaire batteur Cyril Debarge.

 

 

Le site des Inrocks accueilla Anna Calvi mercredi soir, l'anglaise est annoncée comme la nouvelle Patti Smith, comparée à PJ Harvey par le magasine culturel anglais NME. Il faut la voir pour comprendre, elle est une louve timide qui rugit quand elle souffre, et son regard profondément bleu soutient ceux du public entier. Vous vous demandiez pourquoi Woodstock? Tout simplement pour le son de la guitare de madame, un son familier qu'on aurait tendance à associer au maître Santana. Son live était magique.

 

 


La soirée de jeudi s'est transformée en une nuit Warner, spéciale Orange Mécanique. Un korova milk bar était installé pour l'occasion, les serveurs apparaissaient correctement déguisés, et aussi comme belle surprise une scéance de VJing était programmée pour défigurer le batiment. Les Djs Yuksek et Brodinski décalèrent l'ambiance pour le plus grand malheur des organisateurs qui les ont interrompu plus tôt que prévu.

 

On revint à la formule habituelle pour le vendredi soir qui rendit un hommage à la scène rock azuréenne. En première partie passèrent les deux membres de Hannah qui mirent du temps à se détendre et conquérir le public chill des Inrocks. Ensuite ce fut au tour de Quadricolor. Les quatre niçois ont déchaîné les foules, bien joué!

Samedi soir, dernier soir. Le mot est passé en une semaine et le nombre de personnes en quelque jours a littéralement triplé dans l'enceinte exquise et cannoise. En première partie on pouvait écouter les chaleureux Amber and the Dude, groupe pop gavé d'énergie. Puis le surprenant et inconnu groupe niçois Hyphen Hyphen a complètement changé la donne en imposant leurs personnages néo-hippies. Musicalement très bon je vous invite à les suivre sur myspace.

Ils s'inscrivent dans la vague des MGMT, ils se peignent le visage et leurs bandes musicales sont chaotiques. Grosses sensations.

 

En plus de remercier l'équipe organisatrice nous voulions saluer les Djs des Inrocks et leurs mixtapes très efficaces, Planck aime les sons incongrus, en voici quelques uns qui rythmèrent nos après midi ensoleillés...

 


 



 

 

 

 



Publié dans La Prozaktu

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Anais 25/05/2011 10:23


La métaphore d'une vie idéale, les lives étaient mémorables... Anna Calvi en particulier !


LejournaldePlanck 27/08/2011 02:13



oui